Les aboiements excessifs sont fréquemment associés à l’ennui et à l’anxiété, plus qu’à une volonté de “désobéir”
Pourquoi mon chien aboie-t-il ?
Les principales causes des aboiements
Vous n’allez peut-être pas le croise, mais les études comportementales s’accordent sur un point : un chien n’aboie jamais “sans raison” ! Car, en réalité, l’aboiement est une réponse à une situation perçue par l’animal :
- L’alerte : le chien signale un bruit, un passage ou une présence inhabituelle.
- L’excitation : jeux, arrivées, départs ou anticipation d’une activité qu’il aime.
- L’ennui : manque de stimulation mentale ou d’exercice physique quotidien.
- La peur ou l’anxiété : situations inconnues, isolement, expériences négatives passées.
- La recherche d’attention : l’aboiement permet d’attirer votre attention, qu’elle soit positive ou négative.
Les données scientifiques montrent que les aboiements excessifs sont fréquemment associés à l’ennui et à l’anxiété, plus qu’à une volonté de “désobéir”.
Différencier les types d’aboiements pour mieux agir
Vous l’avez probablement remarqué, mais votre chien n’aboie pas toujours de la même manière. Et pour cause, tous les aboiements ne se ressemblent pas !
Un aboiement bref et ponctuel n’a pas la même signification qu’un aboiement répétitif et prolongé. Identifier le contexte, la fréquence et la durée de l’aboiement permet d’adapter la réponse éducative.
Comme l’ont montré des travaux en éthologie, les chiens modulent leurs vocalisations selon la situation, ce qui renforce l’intérêt d’une observation attentive avant toute intervention.
Faut-il empêcher totalement un chien d’aboyer ?
L’aboiement comme moyen naturel de communication
L’aboiement est un mode de communication propre au chien domestique, qui s’est développé au fil de la domestication, à mesure que les chiens vivaient de plus en plus près des humains. Contrairement au loup, le chien a conservé et amplifié l’aboiement, car ce signal sonore est facilement perceptible et compréhensible par l’humain. Comme l’explique John Bradshaw, biologiste et spécialiste du comportement canin, l’aboiement a été favorisé au cours de la sélection parce qu’il permettait aux chiens de communiquer efficacement avec les personnes qui les entouraient.
Vouloir empêcher totalement un chien d’aboyer est donc irréaliste et contre-productif !

Fixer des limites sans supprimer un comportement normal
Soyons clairs : l’objectif n’est pas le silence absolu, mais l’apprentissage de contextes acceptables et non acceptables pour que votre chien aboie. Et cela tombe bien, car un chien peut apprendre à se calmer lorsque la situation ne justifie plus l’alerte ou l’excitation…à condition que les règles soient cohérentes et constantes !
Méthodes pour apprendre à son chien à moins aboyer
Ignorer les aboiements inutiles et récompenser le calme
Les études en apprentissage canin montrent que les comportements qui obtiennent une conséquence positive (du point de vue du chien) ont tendance à se répéter.
Cela signifie que si l’aboiement attire systématiquement votre attention, pourquoi arrêter ?! Et c’est de cette façon que le comportement est renforcé.
À l’inverse, si vous récompensez le calme (à l’aide de friandises, caresses, voix posée), vous quoi faire à la place de l’aboiement.
Utiliser des ordres comme « silence » ou « stop » avec cohérence
Les commandes de base peuvent être utiles, à condition d’être introduites correctement. Si vous utilisez le mot « silence », il doit d’abord être prononcé lorsque votre chien est déjà calme ou vient tout juste d’arrêter d’aboyer, puis être immédiatement récompensé. Le chien apprend ainsi à associer ce mot à l’état de calme, avant de pouvoir y répondre plus tard.
Il ne s’agit pas d’interrompre par la contrainte, mais de marquer et renforcer le comportement souhaité. Sans compte qu’il est essentiel que tous les membres du foyer agissent ainsi !

Prévenir l’ennui par l’activité et la stimulation mentale
Un chien suffisamment stimulé aboie généralement moins. Les données vétérinaires montrent que l’ennui chronique favorise les comportements gênants.
Les jeux d’occupation, la recherche de friandises cachées dans votre doux foyer, des apprentissages simples et des exercices physiques quotidiens adaptés permettent de réduire significativement les aboiements liés à la frustration ou à une énergie qui n’aurait pas été dépensée par l’animal.
Erreurs à éviter quand on veut faire cesser les aboiements
Crier, punir ou utiliser des outils coercitifs
Crier sur un chien qui aboie revient souvent à “aboyer avec lui”. Les punitions violentes ou les colliers coercitifs augmentent le stress et l’anxiété, ce qui peut aggraver le problème à long terme. Plusieurs études publiées montrent une association entre l’utilisation de méthodes coercitives et l’augmentation des comportements indésirables. Il est donc primordial d’utiliser des méthodes d’éducation positive.
Manquer de régularité ou attendre des résultats immédiats
L’apprentissage demande du temps ! Car, les aboiements évoluent selon l’âge du chien, son cadre de vie (appartement, maison, stimulations quotidiennes) et ses expériences passées. Qu’il s’agisse d’un jeune chien excité, d’un chien peu stimulé ou d’un chien ayant vécu du stress, ils n’aboieront pas pour les mêmes raisons ni avec la même fréquence.
Les comportements vocaux sont influencés par l’environnement, l’âge et l’histoire individuelle du chien. La patience et la régularité sont des facteurs clés de réussite !
En cas d’aboiements persistants liés à l’anxiété, un accompagnement par un vétérinaire comportementaliste peut être indiqué.
Apprendre à son chien à arrêter d’aboyer excessivement repose avant tout sur la compréhension, la prévention de l’ennui, et une éducation positive cohérente. Les données scientifiques convergent vers une approche respectueuse du comportement naturel du chien, qui vise à récompenser le calme plutôt qu’à punir l’expression. En répondant aux besoins physiques et émotionnels de votre chien, il devient possible de réduire durablement les aboiements, sans nuire à son bien-être, et tout en contribuant au vôtre !
