Dès que vous quittez la France avec votre animal, même pour une journée, le vaccin rage est une obligation. Aucun animal ne peut revenir en France s’il n’est pas vacciné contre la rage.
Qu’est-ce que la rage ?
La rage est une maladie mortelle transmise par un virus du genre Lyssavirus. La transmission se fait par morsure ou griffure depuis un animal infecté.
Le virus rabique migre alors depuis le site de la blessure jusqu’au système nerveux central (cerveau du corps). Le fait que le virus circule dans le système nerveux fait qu’il est difficile pour le système immunitaire de l’atteindre, car c’est un milieu fortement protégé auquel les défenses naturelles ont peu accès. La vaccination reste à ce jour le meilleur moyen de lutter contre cette maladie, autant en traitement préventif qu’en traitement curatif.
Il est très important de noter que lorsque les symptômes apparaissent, la maladie entraîne systématiquement la mort. Elle cause d’ailleurs le décès de plus de 55 000 personnes par an dans le monde.
Heureusement, le vaccin antirabique a permis de faire reculer la rage dans de nombreux pays, dont la France. Mais certains pays au sein de l’Union européenne restent endémiques, c’est-à-dire que des animaux enragés sont présents sur leur territoire.
Le cas de la France
La faune sauvage, c’est-à-dire les animaux sauvages circulant librement sur le territoire, était un réservoir important du virus de la rage en France, notamment les renards, ce qui contribuait à la diffusion de la maladie.
Mais depuis plus de 30 ans, les renards ont été massivement vaccinés par voie orale, ce qui a permis d’éliminer la rage sauvage sur le territoire. Seules quelques chauves-souris sont encore porteuses. La France a donc été déclarée comme indemne par l’Organisation mondiale de la santé animale.
Cependant, cela ne signifie pas que la maladie a disparu. Les quelques cas de rage observés en France ces dernières années étaient importés illégalement, souvent chez des chiots ramenés de pays où la rage circule encore (ex. Roumanie, Maroc, Serbie, Turquie…).
Or, chaque cas a de lourdes conséquences économiques sur le pays : perte transitoire du statut « indemne », ce qui complique les importations et exportations des denrées alimentaires.
C’est pourquoi, lorsqu’un animal est déclaré enragé, une enquête épidémiologique est déclenchée. Son but est d’identifier toutes les personnes et tous les animaux ayant été en contact avec ledit animal dans les 15 jours précédents. En plus d’enrayer une éventuelle propagation d’une maladie mortelle sur le territoire français, ces mesures mises en œuvre permettent de revenir rapidement au statut « indemne » et de limiter les victimes.
Et c’est ici que la vaccination prend tout son sens.

La rage dans la loi française
Dura lex sed lex ou la loi est dure, mais c’est la loi. Et cela s’applique particulièrement à la rage. Ce qu’il faut comprendre à propos de la rage, c’est que la partie symptomatique dure 5 jours. Mais l’animal enragé peut transmettre la maladie jusqu’à 15 jours avant sa mort !
Vous pouvez donc tout à fait croiser un animal qui semble normal, mais qui peut vous contaminer vous ou votre animal de compagnie. C’est pourquoi, lorsqu’un animal est déclaré enragé par l’Institut Pasteur, laboratoire spécialisé, l’enquête recherche les cas « contacts » des 15 derniers jours.
Lorsqu’un animal est identifié comme ayant potentiellement été exposé à un cas de rage, dit animal suspect, se déclenche alors 2 scénarios :
- S’il est déjà vacciné, il doit recevoir un rappel dans les 48 heures. Si le délai est dépassé, il est euthanasié.
- S’il n’est pas vacciné, l’animal est euthanasié par mesure de sécurité.
Alors, non, la vaccination contre la rage n’est pas obligatoire (à l’exception des chiens catégorisés ou ceux pratiquant des activités de défenses comme le mordant). Mais cela reste un geste de responsabilité qui protège votre animal même si vous ne voyagez pas.
Note : Chez l’Homme, si vous pensez avoir été contaminé par un animal déclaré enragé en France ou inconnu dans un pays endémique de rage, vous devez aller dans un centre antirabique (en France) ou dans un hôpital (à l’étranger) et recevoir ce que l’on appelle une prophylaxie post exposition. Il s’agit d’être vacciné entre 5 et 7 fois contre la rage en un temps très court pour éviter que vous ne déclariez la maladie.
Voyage hors territoire et vaccination rage
Dès que vous quittez la France avec votre animal, même pour une journée, le vaccin rage est une obligation. Aucun animal ne peut revenir en France s’il n’est pas vacciné contre la rage. Mais le vaccin seul ne suffit pas. Il doit être référencé dans un document officiel : un passeport pour animal. Celui-ci est délivrable uniquement s’il possède une identification, que ce soit par puce électronique ou tatouage. Seul le passeport fait office de certificat et de preuve du statut vaccinal.
Par ailleurs, pour certains pays, il peut même vous être demandé un titrage antirabique. Il s’agit de mesurer les anticorps antirabiques présents dans le sang qui doivent être supérieurs à 0,5 UI/mL (unité internationale). Ce titrage peut mettre du temps avant d’être obtenu et tous les types de vaccin antirabique ne permettent pas de l’obtenir du premier coup.
Mais chaque pays possède ses propres conditions (vaccination, titrage, quarantaine, documents spécifiques…). Alors, renseignez-vous et prenez rendez-vous avec votre vétérinaire au moins 2 mois avant de voyager pour vérifier les modalités et adapter le protocole vaccinal au besoin.
Le non-respect de cette réglementation peut aboutir à des sanctions pouvant aller de l’amende à l’euthanasie de l’animal si le risque est estimé comme élevé.

Faire vacciner son animal
Le vaccin antirabique est le seul qui est efficace à l’âge de 3 mois et dès la première injection de façon certaine. On sait qu’à cet âge, les anticorps maternels ne bloquent plus la réponse immunitaire, quel que soit le vaccin antirabique utilisé.
En revanche, que cela soit sur le plan biologique ou réglementaire, le vaccin sera considéré comme valide 21 jours après l’injection. Cela signifie que si vous ratez le rappel ne serait-ce que d’un jour, il faudra à nouveau attendre 3 semaines avant qu’il soit considéré comme valable. Et les éventuels titrages que vous auriez faits avant ce retard seront considérés comme non-valables par l’État.
En ce qui concerne la durée de validité du vaccin, pour une primovaccination, elle est de 1 an. Cela signifie que vous devrez faire un rappel 1 an après la première injection pour conserver la protection. Ensuite, selon le vaccin utilisé, la fréquence peut être de 1 ou 3 ans. Votre vétérinaire sera le plus à même de vous renseigner sur le calendrier vaccinal de votre animal concernant la rage.
Vacciner son animal contre la rage est donc un acte de prévention et de santé publique qui protège vos animaux de compagnie même lorsque vous ne voyagez pas. Et rappelez-vous, à l’étranger, ne touchez pas un animal dont vous ne connaissez pas le statut vaccinal.
Marine Delmer, vétérinaire
Sources :
- ANSES. “La rage – Informations générales.”, disponible sur : https://www.anses.fr/fr/content/la-rage, consulté le : 28/11/2025.
- World Health Organization. “Rabies – Fact sheet”., disponible sur : https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/rabies , consulté le : 28/11/2025.
- Article R236 du Code rural et de la pêche maritime
- Article R223 du Code rural
